UFC-Que Choisir de l'Indre et Loire

Alimentation-Santé-Eau

L’eau dans tous ses états (4)

 

Pour bien gérer l’eau, il faut bien la connaitre : voici 6 éclairages différents sur ce précieux liquide indispensable à la vie. Cette série s’appuie sur le dossier réalisé par l’association Eau-Touraine. Quatrième volet : la pollution.

Ça peut sembler une évidence, mais il est bon de le rappeler : le principal ennemi de l’eau, c’est la pollution ! Mais au fait, qu’est-ce que la pollution ? C’est le fait d’introduire dans un milieu de la matière susceptible d’en altérer le fonctionnement, de porter atteinte à la biodiversité qu’il contient ou à la santé des êtres qui y sont confrontés.

La pollution est, hélas, universelle. Si les pays industrialisés rejettent des substances toxiques (nitrates, pesticides, plastiques…) ou des produits dont la dégradation chimique reste toxique, les pays pauvres, de leur côté, utilisent des produits toxiques pour les cultures ; de surcroit, ils protègent encore moins que les pays riches leurs ressources en eau.

Pollutions ponctuelles ou diffuses

Une pollution peut être ponctuelle, si elle est localisée dans le temps et l’espace (ce fut le cas de la pollution Protex en 1988), elle peut aussi être diffuse quand on ne peut pas en localiser la source avec exactitude. C’est le cas notamment des traitements agricoles, qui s’infiltrent dans le sol, ou des résidus d’hydrocarbures, qui ruissellent sur les chaussées. Or, les milieux aquatiques ont une capacité d’auto-épuration limitée.

Ce sont les collectivités locales qui ont la responsabilité de collecter et de traiter les eaux usées sur leur territoire, soit par un réseau de collecte et traitement, soit par le contrôle des installations d’assainissement individuel.

Une eau du robinet pas toujours potable

Pour ce qui est de l’eau potable, les collectivités et les entreprises délégataires ont obligation de fournir à l’usager une eau propre à la consommation humaine. Or, en 2021, 17% de la population française a reçu, à un moment ou un autre, une eau non-conforme. Le polluant en cause est très souvent l’ESA-métolachlore. Il s’agit d’un métabolite du S-métolachlore, un désherbant.

Mais en septembre 2022, L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) a relevé le seuil maximal d’ESA-métolachlore dans l’eau de 0,1µg/l à 0,9µg/l. Du coup, la plus grande partie des eaux trop métolachlorées redeviendrait propre à la consommation, comme par magie ! Et puis, à peine cinq mois plus tard, l’Anses a décidé d’interdire les herbicides à base de S-métoclachlore. Comprenne qui pourra !

Dernière remarque : beaucoup de gens utilisent un adoucisseur d’eau. Celui-ci est destiné à éliminer la formation de tartre dans les canalisations et les appareils qui utilisent de l’eau (le calcaire n’étant d’ailleurs pas un produit polluant). 

 

Mais attention, si l’eau filtrée par un adoucisseur est potable, elle possède une teneur en sodium beaucoup plus élevée que la normale, ce qui fait que l’OMS la déconseille en particulier pour les personnes fragiles comme les bébés, les femmes enceintes, les personnes âgées, les hypertendus et les cardiaques.

Le dossier complet, en 15 fiches, est téléchargeable sur le site de l’association Eau-Touraine : www.eau-touraine.fr