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Quand les couvercles passent à la trappe

 

C’est une trouvaille qui, si elle n’est pas tout-à-fait nouvelle, a germé assez récemment dans le cerveau des industriels de l’alimentaire : les barquettes de plats préparés sans couvercle. Avec, en prime, la justification pseudo-écologique censée faire chavirer d’aise l’âme verte du consommateur : « 30% de plastique en moins » ! Puisqu’on vous dit que c’est bon pour la planète, vous vous devez d’applaudir chaleureusement une initiative aussi vertueuse !

Alors, au risque de passer pour des rabat-joie qui se contrefichent de l’environnement et qui ne savent pas reconnaître à leur juste valeur tous les efforts que déploient les industriels pour le bien-être de tous, regardons-y d’un peu plus près.

A la fin, c’est le consommateur qui paie

30% de plastique en moins : qui dit matière première économisée signifie coût de production abaissé, et donc, a priori, prix de vente au public diminué. Vous l’avez deviné, ce n’est évidemment pas le cas. Mais où est donc passée la différence ? Dans la poche de l’industriel, bien sûr, qui réinterprète à sa sauce le concept fumeux d’écologie punitive : la punition (financière) est uniquement pour le consommateur, tandis que le fabricant empoche au passage, à son profit exclusif, la baisse des coûts de production.

Evoquons maintenant l’aspect pratique : si les couvercles étaient inutiles, on ne voit vraiment pas pourquoi, depuis des temps immémoriaux, les humains se seraient ingéniés à en fabriquer ! Peut-être bien que les Grecs de l’Antiquité avaient constaté, déjà à l’époque, que s’ils ne couvraient par leur tarama ou leur houmous, il se conservait beaucoup moins bien. Et depuis, rien n’a changé : faute de couvercle, le produit entamé que je ressortirai de mon frigo risque fort d’avoir pris une teinte brunâtre, d’avoir séché et d’être tout craquelé.

De l’houmous dans le tarama

Et je ne parle pas ici du problème de rangement : si j’empile dans le frigo une barquette de tarama et une d’houmous, le fond de ma barquette d’houmous trempera dans le tarama, ou l’inverse.

Il ne reste donc qu’une solution : recouvrir sa barquette de film plastique ; mais là, les industriels se rengorgeront en prétendant que ce n’est vraiment pas de leur faute si les consommateurs viennent tout gâcher en venant remettre du plastique là où ils avaient fait l’effort d’en supprimer.

Ah, ces consommateurs, aucun respect pour la planète !

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