Actuellement, il n’est pas toujours facile de trouver des œufs dans les magasins d’alimentation. Les rayons ont souvent l’air aussi déplumés qu’une vieille poule de réforme.
La grippe aviaire est passée par là, bien sûr, mais aussi une demande de plus en plus forte de la part des consommateurs, qui trouvent dans les œufs une source de protéines bien moins chère que la viande. Si on ajoute à ça l’habituelle peur de manquer qui incite certains à stocker jusqu’à l’imbécilité complète, on a tous les ingrédients pour trouver des rayons aussi vides qu’un poulailler après le passage d’un renard.
Des œufs de la pire espèce
Et quand il reste des œufs, c’est bien souvent des produits numérotés 3, c’est-à-dire de la pire qualité.
Rappelons que les œufs sont identifiés par un code, allant de 0 à 3. Le 0 indique un œuf bio. Le 1 signifie que la poule a été élevée en plein air ; le 2 que la poule a été élevée à l’intérieur mais au sol, et le 3 que les poules ont été élevées en cage.
Et si on trouve des œufs codés 3 dans les supermarchés, c’est que la grande distribution, qui n’est jamais avare de belles promesses faites la main sur le cœur, n’a pas tenu ses engagements. En effet, les grandes enseignes avaient promis-juré de ne plus vendre d’œufs de poules élevées en cage au 1er janvier 2026, que ce soit au détail, ou dans les ingrédients des produits transformés de marque distributeur. Or, on est loin du compte, comme l’a relevé l’ONG Anima, relayée par notre site national.
Les promesses n’engagent que ceux qui y croient
La faute, se défendent les acteurs du secteur, à l’inflation, avec des œufs codifiés 3 qui restent, pour des raisons évidentes, les moins chers. La faute aussi à la fameuse pénurie évoquée plus haut, les commerçants préférant proposer des produits de basse qualité plutôt que de montrer des linéaires totalement vides, ce qui n’est jamais bon pour l’image et donc pour le commerce. Ils ont donc choisi, sans trop d’états d’âme, de remplir un autre rayon, celui des promesses non tenues. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne, certains jouant plus le jeu que d’autres, comme on peut le lire sur notre site national quechoisir.org.
Pour le reste, et même si les acteurs de la grande distribution, pris d’un remord soudain, se mettent à tenir leur promesse et suppriment les œufs de poules élevées en cage de leurs rayons et de la liste des ingrédients de leurs produits de marque distributeur, le consommateur n’en aura pas fini pour autant, puisque dans les produits ultratransformés, l’usage de ces œufs bas de gamme est encore, malheureusement, très largement la règle.




