Notre association, par le biais d’un test comparatif réalisé l’an dernier, avait mis en évidence la présence de cadmium dans le chocolat. Cette constatation est tout sauf une bonne nouvelle pour notre santé, car ce métal est classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. N’en jetez plus !
Mais alors, direz-vous, il suffit de supprimer le chocolat de son alimentation (ce qui, au demeurant, n’est pas très compliqué, à défaut d’être agréable) et le problème est réglé.
Une longue liste de produits concernés
Eh bien non, ça serait trop simple ! L’Anses a étudié l’imprégnation au cadmium de la population française. Il en ressort que pour la population française (hors fumeurs) le cadmium est absorbé jusqu’à 98% via l’alimentation. Et il n’y a pas, loin de là, que le chocolat qui est en cause. Tout un panel de produits de consommation très courante sont incriminés : « Céréales du petit-déjeuner, pains et produits de panification sèche, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé ainsi que les pommes de terre et certains légumes. »
Mais pourquoi cette liste longue comme un jour sans pain ? Tout simplement parce que ce métal est apporté dans les sols via les engrais, et notamment les engrais phosphatés. Et le bio n’est pas épargné par le phénomène, puisque l’agriculture biologique utilise comme engrais des roches phosphatées broyées.
Pour lutter contre ce fléau, l’Agence nationale de sécurité sanitaire préconise d’agir à la source en appliquant des valeurs limites de cadmium dans les engrais et en faisant la promotion de nouvelles pratiques culturales. Mais cela implique évidemment un engagement de l’ensemble de la filière agricole.
Que peut faire le consommateur ?
Quant à nous, consommateurs, sommes-nous condamnés à avoir des sueurs froides à chaque repas en regardant notre assiette ?
Nous avons au moins deux axes d’action sur le sujet. Nous pouvons, bien sûr, individuellement, limiter notre consommation de produits à base de blé sucrés et salés, tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits… et introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes. Mais globalement, ça ne règlera pas ce véritable problème de santé publique. Et nous pouvons aussi, collectivement, faire entendre notre voix, et réclamer un droit de regard sur ce qui se retrouve dans nos assiettes et, in fine, dans notre organisme.




