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Fruits et légumes : les arnaqueurs frappent encore… à la porte

 

La vente de fruits et légumes au porte-à-porte, en énorme quantité, à des tarifs bien souvent totalement déconnectés des prix du marché : voilà une pratique qui existe depuis bien longtemps, mais qui a une fâcheuse tendance à revenir en force.

Tout le monde ou presque connait ces camionnettes qui sillonnaient, il y a des années, les rues de nos villes, accompagnées de démarcheurs qui tiraient les sonnettes pour essayer de nous refourguer des pommes de terre, des oignons ou des pommes. Et puis elles s’étaient faites plus rares, et on avait fini par presque les oublier. Mais voilà qu’elles font leur réapparition. Il faut dire que la période est propice, avec un goût de plus en plus prononcé des citadins pour le bio, le local, les circuits courts.

 

Toujours le même scénario

Alors quand un beau matin, on sonne à votre porte et qu’un monsieur, en tenue de paysan, se présente comme un producteur bio de la région qui pratique la vente directe, il est facile de se laisser convaincre, d’autant plus que le démarcheur en question vous noie sous un flot de paroles. A peine le temps de dire ouf qu’on se retrouve avec des dizaines de kilos de fruits et légumes entassés sur le balcon ou dans le garage, et qu’on vous présente la douloureuse, et là le mot n’est pas usurpé !

Notre association est assaillie de témoignages de personnes qui se sont fait avoir, dans l’ouest de la France, mais aussi dans l’est ou dans le sud.

150kg de patates !

C’est ainsi qu’en Ille-et-Villaine, une dame s’est retrouvée avec, entre autres, 150kg de pommes de terre, 48kg de pommes, 32kg de carottes… Au total, il y avait 277kg de marchandise, le tout pour la coquette somme de 979,50€ ! Une autre victime, dans le Maine-et-Loire, s’en est vu facturer pour 1143€.

A chaque fois, le modus operandi décrit est le même : un homme qui parle beaucoup, qui insiste quand il sent son interlocuteur vulnérable, et la livraison dans la foulée, sans laisser à la personne le temps de réfléchir…

Pourtant, la vente directe, en soi, est une bonne initiative, où tout le monde trouve son compte : le producteur qui peut vivre décemment de son travail, et le consommateur, qui paie un prix raisonnable pour des produits de qualité.

Une escroquerie bien réelle

Mais dans les cas dont notre association a eu connaissance, on est loin du compte ; il s’agit bel et bien d’une escroquerie, et cela pour plusieurs raisons :

  1. La manière de procéder s’assimile à de la vente forcée, puisque le but est de noyer la victime sous un déluge verbal pour altérer son jugement ;
  2. Les quantités facturées sont purement délirantes : 150kg de pommes de terre, par exemple, ça représente à peu près la consommation moyenne annuelle de 5 personnes en France. Ce qui veut dire que si on est moins nombreux à la maison, il y aura forcément de la perte. Et cela, le vendeur le sait parfaitement mais s’en fiche.
  3. Les prix pratiqués sont souvent sans commune mesure avec ceux du marché : des pommes de terre à presque 5€ le kilo (c’est arrivé à une personne dans l’est de la France), c’est un prix exorbitant ;
  4. Souvent, les victimes ne veulent qu’une petite quantité, et quand elles protestent, on leur répond avec désinvolture : « Bah, ça se conserve ! » Ce qui n’est que très partiellement vrai.
  5. Plus grave encore : les quantités facturées sont souvent supérieures à la réalité… mais quand les victimes s’en aperçoivent, il est évidemment trop tard !

Mais alors, que faire ?

ufc-que-choisir-37-newsletterIl faut être extrêmement vigilant, et ne pas ouvrir sa porte à n’importe qui. Il ne faut pas non plus avoir peur d’interrompre une conversation si celle-ci un prend une tournure un peu suspecte.

Il faut aussi savoir évaluer ses besoins : acheter 150kg de pommes de terre si on vit seul ou à deux est tout-à-fait déraisonnable. Un vendeur sérieux et honnête estimerait avec vous la quantité qui peut vous convenir.

 

Il est utile aussi d’avoir une idée des prix moyens des denrées de base, pour ne pas risquer de les payer 3 ou 4 fois leur prix.

Et puis, « si le vendeur se montre insistant ou menaçant, composez immédiatement le 17 pour faire intervenir la police ou la gendarmerie », précise le ministère de l’Intérieur. « Il est également possible de déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie en cas d’escroquerie ».

Dernier conseil : préférez les sources d’approvisionnement fiables, magasins, certes, mais aussi petits producteurs auprès desquels c’est vous qui faites la démarche d’achat.