UFC-Que Choisir de l'Indre et Loire

Alerte aux fraudes à la carte bancaire, piratages de comptes, …

Une croissance exponentielle du nombre de cybercrimes

Internet s’est imposé dans notre quotidien et a favorisé les escroqueries en ligne. Piratage des appareils, escroqueries et faux moyens de paiement constituent une e-délinquance qui est sous-évaluée. Policiers et gendarmes estiment que « les plaintes ayant une dimension cyber à environ 30 à 50 %, mais il s’agit d’un ressenti du terrain, pas de chiffres officiels ».

Aujourd’hui, l’orthographe dans les e-mails n’est plus un indice, ils sont désormais parfaitement rédigés, les interlocuteurs au bout du fil n’ont plus d’accent et les numéros de téléphone sont locaux : les internautes, même prudents, se laissent piéger.
Le phishing, qui vise à collecter vos données personnelles dans le but d’usurper votre identité ou de vous voler de l’argent est cette année sur la première marche du « podium ». Il y a une montée en puissance des tentatives via les SMS et MMS envoyés en rafale sur les téléphones portables pour inciter à visiter des sites frauduleux et le smartphone représente une véritable opportunité pour les escrocs.

Les pirates se cachent …

Difficile de mettre la main sur les auteurs, les pirates changent d’identité, se cachent derrière des réseaux privés sécurisés (VPN) pour dissimuler leur adresse IP (celle qui permet de localiser un ordinateur). Et surtout, ils sont basés à l’étranger, ce qui coupe court aux investigations françaises, malgré l’existence d’instances internationales de coopération comme Europol et Interpol.

Des difficultés pour obtenir le remboursement des fraudes

Pour les fraudes à la CB et piratages de comptes, les banques refusent souvent un remboursement en prétextant que « l’opération a été authentifiée » ou « l’opération n’a pu être réalisée que du fait d’une négligence dans la conservation de son instrument de paiement que des données qui y sont liées » (en clair: son code confidentiel).
L’article L.133-19 du Code monétaire et financier prévoit effectivement que le payeur (client de la banque) supporte les pertes subies dès lors qu’il n’a pas satisfait à ses obligations. Mais, important, c’est au prestataire (la banque) qu’il incombe d’apporter la preuve que l’utilisateur, qui nie avoir autorisé une opération de paiement, a agi frauduleusement, ou n’a pas satisfait intentionnellement ou par négligence grave à ses obligations. (Article L133-23 du même code).
De plus, « cette preuve ne peut se déduire du seul fait que l’instrument de paiement ou les données personnelles qui lui sont liées (le code secret par exemple) ont été effectivement utilisés ». (Cour de cassation, arrêt du 18 janvier 2017).
Malgré ces textes de loi, pour le client, obtenir un remboursement de sa banque tient souvent du parcours du combattant.

Deux arnaques (… parmi d’autres) vécues à l’UFC-Que Choisir 37

Françoise, à Tours, a constaté en consultant son compte bancaire qu’elle avait été débitée, à son insu, d’un paiement par carte bancaire. Certaine de n’avoir jamais autorisé un tel paiement, elle dépose aussitôt une plainte à la Gendarmerie et conteste l’opération frauduleuse auprès de sa banque. Le remboursement est toujours en attente.
Jacques, à Saint-Cyr, a été victime d’un piratage de ses comptes bancaires selon une méthode sophistiquée et fréquemment utilisée par les escrocs : à la suite de la désactivation de sa ligne téléphonique, Jacques reçoit un courrier de la part de son opérateur téléphonique précisant que le changement de la carte SIM de son téléphone est accepté. Dix jours plus tard, sa banque le contacte pour l’informer qu’une dizaine de débits importants ont eu lieu sur ses comptes bancaires. La nouvelle carte SIM a été détournée et utilisée par un escroc pour pirater ses comptes. Le remboursement a pu être obtenu.

La vigilance s’impose et attention aux hameçonnages !

La loi nous protège, mais ayons une attitude responsable. Il peut nous être reproché de s’être laissé hameçonner ses données, engageant ainsi une responsabilité financière en cas de négligence grave.

Quelques bonnes pratiques conseillées par Que Choisir et la Répression des Fraudes :

  • Utilisez des mots de passe longs comprenant des majuscules et des minuscules, des chiffres, et des caractères spéciaux et changez votre mot de passe régulièrement.
  • Tenez votre système d’exploitation à jour, avec un antivirus et un pare-feu. Ne naviguez pas sur Internet depuis un compte administrateur, celui-ci disposant d’un certain nombre de privilèges sur l’ordinateur.
  • Ne cliquez pas trop vite sur les liens, même ceux qui vous paraissent familiers. Ce lien peut-être malveillant. En cas de doute, abstenez-vous et préférez écrire vous-même l’adresse voulue dans la barre d’adresses de votre navigateur.
  • Les pièces jointes à un courriel ou SMS peuvent contenir des codes malveillants ! Soyez certains de leur origine avant de les consulter.
  • Contrôler la diffusion d’informations personnelles, évitez de fournir vos coordonnées ou d’autres données sensibles dans les forums ou sur des sites n’offrant pas toutes les garanties requises.
  • L’envoi de liens malveillants peut-être indépendant de la volonté de leurs expéditeurs, même de ceux que vous connaissez ! Si une connaissance vous adresse un message avec une manière de s’exprimer différente, n’ouvrez pas les pièces jointes et ne cliquez pas sur les liens qui y figurent. En cas de doute, passez-lui un coup de fil !
  • Attention aux faux interlocuteurs vous téléphonant au nom de vrais organismes, leurs scénarios sont souvent bien ficelés pour soustraire des coordonnées, notamment bancaires. En cas de doute, faire préciser (si besoin) à quel service l’interlocuteur appartient et demander à le rappeler en prenant soin de se renseigner avant sur le n° (le vrai) du service ou de l’organisme.

Que Choisir 37 – Tours

Sources : Fédération UFC-Que Choisir – Répression des Fraudes (DGCCRF)

20 juillet 2020

Démarchage téléphonique : de nouvelles avancées

Une nouvelle loi pour lutter contre les mauvaises pratiques

Si elle ne fait pas disparaître complètement tous les appels intempestifs, la nouvelle loi devrait permettre de mieux encadrer les pratiques des professionnels et de lutter plus efficacement contre la fraude.
Le texte, qui vient d’être adopté au terme d’un marathon législatif de 2 ans, comprend plusieurs avancées intéressantes.

L’interdiction du démarchage pour la rénovation énergétique

Aucune entreprise ne pourra démarcher un particulier pour lui proposer une offre de rénovation énergétique. Cette disposition devrait sonner la fin des appels pour l’isolation à 1 €. C’est une très bonne nouvelle, tant ce démarchage est agressif et pourvoyeur d’arnaques. Cette interdiction vient s’ajouter à un encadrement plus strict du démarchage en assurance, entré en vigueur récemment.

Des tranches horaires plus strictes

Finis les appels le midi, après 20 heures et le dimanche ? En tout cas, un décret visant à encadrer plus strictement les tranches horaires pendant lesquelles le démarchage sera autorisé sera pris dans les mois qui viennent. Les professionnels devront également rédiger un code de bonnes pratiques qui sera rendu public, et s’engager à le respecter.

Moins d’exceptions à Bloctel

Jusque-là, les entreprises avaient le droit de démarcher tous leurs clients, qu’ils soient inscrits ou non à Bloctel, dès lors qu’il existait une « relation contractuelle préexistante ». Concrètement, une entreprise ne pourra plus démarcher un ancien client ni proposer à un client actuel un service qui n’a rien à voir avec l’offre souscrite. En revanche, elle pourra toujours l’appeler pour lui proposer de souscrire une option, une nouvelle offre, ou lui vendre un accessoire.

Autres mesures : 

  • Certains appels intempestifs ne sont pas liés au démarchage, il peut aussi s’agir d’arnaques visant à faire en sorte que le destinataire rappelle un numéro surtaxé. La loi entend donner aux opérateurs des armes supplémentaires pour lutter contre ce phénomène.
  • Les opérateurs sont tenus de bloquer les appels provenant de numéros géographiques (commençant par 01 à 05) ou non géographiques (par 09) émis de l’étranger (spoofing). Les opérateurs vont devoir renforcer ce dispositif par un mécanisme interopérable visant à authentifier le numéro d’appelant et, à défaut, à interrompre l’acheminement de l’appel.
  • Des sanctions plus dissuasives, les contrevenants aux règles relatives à l’information du consommateur en cas de démarchage s’exposent désormais à une amende de 75 000 € pour les personnes physiques et de 375 000 € pour les entreprises (contre respectivement 3 000 et 15 000 € auparavant).

Pour conclure

Le texte présente des avancées notables mais on peut regretter que l’opt-in (accord préalable du consommateur) n’ait pas été retenu. Le consommateur devra indiquer son souhait de ne pas être appelé (Bloctel).
Autre regret, la mise en place d’un indicatif spécifique aux appels de démarchage a été écartée. Cette mesure aurait pourtant permis de mieux identifier ces appels, et donc de les bloquer plus facilement.

Que Choisir 37 – Tours

Source : Fédération UFC-Que Choisir

14 juillet 2020

Lutte contre l’obsolescence organisée

Opposons-nous à l’obsolescence programmée des appareils !

L’ « Observatoire des Pannes » de l’UFC-Que Choisir s’inscrit dans le cadre d’un projet européen, le projet PROMPT, qui permet grâce au signalement des consommateurs de leurs appareils trop vite usés, de détecter et d’agir contre les cas d’obsolescence programmée.
Pour rappel, l’obsolescence programmée est un ensemble de procédés techniques par lesquels un professionnel vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement.
Le projet PROMPT a pour but de pouvoir évaluer la durée effective de vie des appareils pour lutter contre cette obsolescence programmée et parallèlement contre la croissance déchets provenant de nos équipements électriques ou électroniques.

Des durées de vie de produits seraient volontairement réduites

Des moyens permettent aux fabricants de réduire artificiellement la durée de vie des appareils, par exemple, avec des composants fragiles, des pièces détachées indisponibles ou inaccessibles, une obsolescence logicielle, etc.)… L’ensemble des produits du quotidien peut être concerné.
Ces pratiques sont préjudiciables à l’environnement et au pouvoir d’achat c’est pourquoi l’UFC-Que Choisir souhaite faire, avec l’aide des consommateurs, la lumière sur la réalité des abus afin de lancer les actions nécessaires.
Car l’observatoire des pannes combine tout à la fois service individuel et action collective. En effet, tous les consommateurs peuvent signaler très simplement les pannes rencontrées trop rapidement avec leurs appareils et obtenir, le cas échéant, des lettres-types et/ou conseils pour faire valoir leurs droits.

Les signalements permettent à Que Choisir de cibler ses actions

En décelant plus précisément les cas problématiques, Que Choisir peut mieux mener ces enquêtes via les tests comparatifs et actionner tous les leviers, pression sur les fabricants, lobby auprès des pouvoirs publics et combats judiciaires pour lutter contre les cas d’obsolescence programmée.
De plus, dans le cadre du projet européen PROMPT, la mise en commun des signalements devrait permettre de démultiplier l’impact de cet outil.

C’est pourquoi nous appelons les consommateurs à se mobiliser et à signaler leurs appareils devenus trop vite inutilisables pour, ensemble, imposer une conception écoresponsable des produits.

Pour remplir le formulaire, cliquer ici :

Nb : il est possible de télécharger une facture ou tout autre document permettant d’appuyer le signalement.

Que Choisir 37 – Tours

Source : Fédération UFC-Que Choisir
En complément, lire En cas de panne, quels sont mes droits ?  et  Qu’est ce que l’obsolescence programmée ?

9 juillet 2020

Enquête sur les maisons de retraite et EHPAD

Une enquête anonyme et un comparateur pour évaluer les établissements

A l’automne 2019, les bénévoles de 92 associations locales de l’UFC-Que Choisir ont visité de façon anonyme 1210 Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) à travers la France métropolitaine. Les enquêteurs mystères ont contacté les établissements et ont recueilli des éléments qui ont permis d’évaluer les Ehpad (outre le prix mensuel) sur quatre critères : la chambre (toilettes, wc…), les locaux dans leur ensemble, la vie quotidienne et l’accueil.

Les résultats nationaux

Les résultats de l’enquête montrent que la facture mensuelle est plus élevée dans les établissements privés détenus par de grands groupes (Korian, Orpea, DomusVi…) avec une facture moyenne de 2 906,97 € par mois, plus mesurée dans les Ehpad privés à but non lucrarif (2 169,90 €/mois) gérés par des associations ou des fondations ainsi que dans les établissements publics (1 950,88 €/ mois) relevant du secteur hospitalier ou des collectivités.

Ici, en Indre-et-Loire

Trois des quatre Ehpad visités en Indre-et-Loire se situent dans les moyennes nationales. Vous pouvez retrouver les résultats complets de cette enquête dans le Que Choisir d’avril 2020. Pour plus de renseignements, nous vous conseillons sur notre site la carte interactive des maisons de retraite visitées à côté de chez vous. Si l’on peut regretter que tous les établissement ne soient pas référencés, vous aurez néanmoins accès à des éléments utiles (nombre de places, tarifs, délais d’attente) ainsi que les appréciations détaillées de Que Choisir (évaluation des chambres, des bâtiments, de l’accueil ou de la vie quotidienne…). 

Que Choisir 37 – Tours

5 juillet 2020

Eau et assainissement : analyse des factures de Tours Métropole

Facturation de l’eau potable et évolution de ses tarifs

Les associations Eau-Touraine et l’UFC-Que Choisir 37 ont recueilli des factures d’eau auprès de leurs adhérents dépendant principalement de l’intercommunalité Tours Métropole Val de Loire et les ont étudiées au regard de la législation et des pratiques. L’objectif de l’étude est de mieux comprendre comment fonctionne le service public de l’eau et de l’assainissement et ainsi mieux défendre et mieux représenter les adhérents auprès de la métropole et des communautés de communes qui assureront la gestion de ces services.
Une cinquantaine de factures (entre octobre 2018 et octobre 2019) ont été collectées et étudiées au regard de la législation, mais aussi du contexte local (habitudes communales avant le regroupement en métropole) et en distinguant les factures des particuliers et les factures des immeubles collectifs.

La facture

Une facture comprend une partie fixe, généralement dénommée « Abonnement » et une partie qui varie en fonction de la consommation en m³. La facture comprend 3 rubriques :

  1. la distribution de l’eau,
  2. la collecte et le traitement des eaux usées,
  3. les organismes publics.

Elle distingue obligatoirement :

  • la part qui revient à la commune ou à la communauté de communes, ou au syndicat intercommunal ;
  • la part qui revient au délégataire du service public (Veolia le plus souvent dans les factures collectées) ;
  • la part qui revient à l’agence de l’eau dénommée « redevances » ;
  • la TVA pour l’État (5,50 % pour l’eau et 10 % pour l’assainissement) ;
  • les modes et délais de paiement.

Les tarifs de Tours Métropole Val de Loire  

L’analyse de l’évolution des tarifs eau-potable entre 2015 et 2019 par commune, en régie publique ou en DSP (délégation de service public) avec Veolia indique des évolutions à la baisse dans certaines communes (Joué-lès-Tours, La Membrolle par exemple) et d’autres à la hausse, comme à Tours.  Mais globalement, l’évolution des tarifs reste modérée.

L’eau, un bien commun

Les associations Eau-Touraine et l’UFC-Que choisir 37 considèrent que l’eau est un bien commun et un bien public, que la ressource doit rester gratuite et que les frais d’exploitation (puisage, traitement, distribution et assainissement des eaux usées) doivent correspondre au « juste prix ». De fait, le service doit être assuré d’abord par la collectivité publique, les entreprises privées venant en complément et par contrat de service ou d’affermage limité dans la durée. Ces associations considèrent que le consommateur-abonné du service public doit recevoir toutes les informations relatives au montant de la facturation, une information précise sur la qualité de l’eau et qu’il doit être sensibilisé à une démarche citoyenne visant à économiser la ressource et éviter les pollutions.

L’étude et ses annexes sont téléchargeables ici :  Facturation de l’eau par Tours Métropole.

Que Choisir 37 – Tours

2 juillet 2020